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  • Myriam Blal

Il était une fois … Flower



Le soleil commence à pointer le bout de son nez et éclaire déjà le coin de mon lit pour finir par me toucher en plein visage. Sa chaleur semble traverser tous les obstacles qui le séparent de moi.

Bien que la journée s’annonce belle, il est hors de question que je m’extirpe de mon nid des plus agréables. Mes idées commencent à se remettre en place, mais je n’ai pas encore la force d’ouvrir mes yeux à cette nouvelle journée déjà bien entamée.


C’est souvent à ce moment-là, entre la déception d’avoir été tirée d’un rêve féerique et le stress de la journée à venir, que la tête fait d’elle-même un petit check de la journée à venir. Quel jour sommes-nous ? Qu’est-ce que je dois faire? À quelle heure, on vit ? Tant de questions dont les réponses vous font bien souvent sauter d’un coup sec hors du lit et vous ruer dans la salle de bain !


On est vendredi ! Je suis toujours autant en panne d’inspiration et, bien sûr, ce soir, on boucle le prochain numéro ! Pas de temps à perdre, il faut que je m’active.


Dans la salle de bain, le pommeau de douche crachote ces dernières gouttes d’eau chaude, que déjà le lavabo fait office de coiffeuse. Crème de jour, fond de teint, poudre, blush, tout y passe. En route pour le dressing : jeans, Converses et haut rouge vif feront très bien l’affaire. Léger coup de peigne devant le miroir avant de s’emparer d’un petit flacon qui semble courber par le vent et sur lequel on a déposé un bourgeon de fleur. Quelques vaporisations bien placées et me voilà entourée d’un fin nuage d’odeur de violette et rose bulgare.


Une fois sur le bitume, une tache de couleur vive retient mon attention. Entre les pavés du trottoir, une petite fleur fragile a vu le jour. À peine entrouverte, un coquelicot s’est niché sur le millimètre de terre qui sépare les deux blocs de pierre. Malheureusement, elle n’embaume pas. Pas une once d’odeur, une fleur qui ne sent rien. Elle est comme amputée d’un de ses meilleurs pouvoirs.


“ … On ne me plante pas, on ne me choisit pas, je pousse. N'importe où, fleur fragile, fleur éparpillée. On me cueille et j'enchante, on me laisse et je m'épanouis. Je suis un coquelicot …”


Arrivée en parfumerie, je file directement devant la paroi Kenzo et bombarde le pauvre représentant de questions. Au fil de ses réponses, je suis ballottée entre Singapour, Milan et Hong-Kong et à chaque fois j’y vois une place couverte de milliers de coquelicots éclos. Finalement, j’arrive à Paris. Un Paris dont huit arrondissements ont été parsemés de fleurs.


Rue du Pont-Neuf. Un de ces grands immeubles au goût de nostalgie. Boutique aux vêtements ultras colorés et modernes. Réception épurée. Au quatrième étage, je découvre des salles aux noms et aux couleurs étranges. Des bulles à poil, des salles tapies d’or, chaque ligne de soin trouve ici un antre en son honneur. Tout est des plus design. Et au dernier étage, j’en ai le souffle coupé. Une impressionnante coupole de verre abrite un restaurant où l’Asie et ses traditions se mêlent à la modernité et le design occidental.


Assise dans ce cocon en verre, je sens la vanille et le musc qui ont imprégné mes vêtements et qui m’enveloppent. Les toits de Paris ne m’ont jamais paru aussi beaux et exotiques que vus d’ici. Dans ma main, se fane ce qu’il reste du coquelicot.


Une fleur sans odeur à qui on en a fabriqué une et qui trône maintenant comme un emblème partout

autour de moi. Un brin de naturel au milieu du béton et des gratte-ciels des quatre coins du monde. Un alizé floral entre les pots d’échappement et les odeurs citadines.

Simplement une fleur dans la ville.

-.-