• Myriam Blal

Yucatan, la péninsule des nomades digitaux

Entre la situation qui dure depuis quelques années maintenant et la trend mexicaine sur Instagram, les régions du Yucatan, Quintana Roo et Campeche sont devenus des destinations rêvées pour les voyageurs en quête de liberté et de dépaysement, ainsi que les professionnels dont l'activité devient compliquée ou même impossible en occident.


En arrivant à Cancun, je me sens en plein Las Vegas d'Amérique centrale. Les lumières, les groupes de jeunes ivres, les hôtels extravagants et les prix totalement exagérés du taxi et de la nuit me rappellent les villes les plus touristiques que j'ai pu voir. Mais je ne m'attarde pas, dès le lendemain matin, je prend les transports en commun pour arriver à Holbox.


Un enchaînement de bus et de ferry plus tard me voilà arrivée sur l'île d'Holbox, un petit paradis pris d'assaut par les touristes qui est renommé pour ses plages magnifiques et ses couchers de soleil à couper le souffle. Ce petit village de pêcheurs et a explosé en l'espace d'une vingtaine d'années. Aujourd'hui, on se croirait sur une des Gilis Islands en Indonésie ou Koh Phi Phi en Thaïlande, ses îles qui bannissent l'utilisation de voiture sur leur territoire. Réellement dans un souci d'écologie ou plutôt parce que les routes sont impraticables et que les voitures de golf en guise de taxi peuvent demander des sommes astronomiques pour vous trimbaler d'un bout à l'autre de l'île ? Difficile à dire, mais en tout les cas, que ce soit les plages ou les couchers de soleil, les deux sont à la hauteur de ce qu'on en dit.


Sur la route des Mayas


Ensuite c'est la direction des terres que je prends en commençant par Valladolid, qui sera surtout mon point de départ pour Chichen Itza le lendemain. C'est une magnifique petite ville coloniale dans laquelle je me lance à goûter mon premier tacos dans la rue : un délice !


Entre Valladolid et Mérida, un bus me pose à Chichén Itzá de bon matin afin d'entrer avant les grandes chaleurs. C'est une ancienne ville maya qui est aujourd’hui l’un des sites archéologiques les plus importants et les plus visités de la région. Le site a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1988, et a été élu l'une des sept nouvelles merveilles du monde en 2007.


L'une des principales attractions dans cette région du Mexique sont les cénotes, des sortes de puits naturels, qui constituaient un trésor inestimable à l'époque dans cette région dépourvue d'eau. Le site doit d'ailleurs son nom à cette source d'eau souterraine : Chi signifie « bouche » et Chén, « puits », Itzá (« sorcier de l'eau » en maya yucatèque) est le nom du groupe qui, selon les sources ethnohistoriques, constituait la classe dirigeante de la cité.


Pourtant, Chichen Itzá reste une énigme que ce soit sa chronologie, l'identité des Itzá ou encore, la nature exacte des liens entre la cité maya et le Mexique central. Quoiqu'il en soit de nos jours, l'endroit est rempli d'échoppes à souvenir et de car de touristes qui s'enchaînent.


Après quelques heures de marche à travers les ruines, je réussis à prendre un bus pour Merida, surnommée “la ville blanche”, capitale de l’état du Yucatán. Malheureusement, je n'ai pas l'occasion de réellement visiter la ville, cependant mon hôtel DIEZ DIEZ Collection était un régal avec sa toute petite piscine sur le rooftop et ses chambres particulièrement modernes. À l'aube, je me dirige vers Uxmal, une ville précolombienne maya, moins touristique que Chichen Itza, mais tout aussi belle, si ce n'est plus, car bien moins touristique.


Qui dit moins touristique, dit également moins accessible. Bien que d'y arriver avait été relativement simple, pour en repartir, c'était tout une autre histoire. Les bus circulent de manière très irrégulière, si bien, que j'ai zoné avec tout mon sac à dos dans les alentours pendant un moment jusqu'à ce que je trouve un guide qui veuille bien me conduire jusqu'à Muna, d'où j'ai pu prendre un collectivo (un mini-bus) jusqu'à Merida, puis un autre bus en direction de Tulum, ma destination quasi-finale.


Je pensais avoir vu toutes les nuances de sites touristiques pendant ce voyage, mais Tulum a été une surprise supplémentaire.




Le village est séparé de la plage et cette dernière qui serait censé être une réserve naturelle sans accès internet, ni réseau téléphonique, mais qui se trouve être une succession d'hôtel, de bars, de café, de restaurant et de shops fonctionnant sur des générateurs et des hotspots. C'est arrivé à un point tel que la plage n'est même plus visible depuis la route sans entrer dans un beach club. Un endroit qui se veut "hippie-chic bohème", tout en self-care et ésotérisme, un dilemme de conscience, quand on sait que ce tourisme de masse n'aide pas à la préservation de la nature sur place.


Un couteau à double tranchant avec une image magnifique sur Instagram, mais des complexités sociales qui sont amplifiées par l'affût de touristes.



Une renaissance maya


Pour mon anniversaire, je me suis offert une cérémonie de purification appelée "Temazcal". Le temazcal est une des plus anciennes et plus puissantes cérémonies Mexicaines. Dans une sorte d'igloo en pierre représentant le ventre de la mère nourricière, le Temazcal peut avoir plusieurs vertus. La première est une détente similaire à celle que l'on ressent dans un sauna ou un hammam, mais dans la cérémonie que j'ai faite, une famille de shaman menait la séance qui s'est divisé en quatre temps. Petit à petit, le shaman ouvrait des portes symboliques vers les quatre points cardinaux afin de nous permettre de méditer sur notre passé, notre présent et notre futur, ainsi que nos challenges.


Une expérience pas facile autant par la chaleur qui augmentait à chaque section, le sentiment de claustrophobie à gérer dans un espace si petit, puis le travail de méditation et d'introspection qui nous fait passer par différentes émotions pendant les deux heures de cérémonie.


Même si cette région était particulièrement touristique, j'ai adoré voyager seule et découvrir pour la première fois ce pays que je ne connaissais pas. La prochaine fois, j'aimerai beaucoup en découvrir encore plus sur les coutumes mexicaines, mais dans un cadre plus authentique et plus local.


Mexique, je suis venu, j'ai vu, je suis née une seconde fois et je reviendrai !


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